Journal de Marie Bashkirtseff

Voici un article du "Gaulois" sur lequel je n'ai pas besoin d'insister. Quand bien même je retiendrais mes larmes en serrant les dents et en ouvrant très fort les yeux, croyez-vous que ces plaisirs-la soient faits pour me rajeunir ou pour me guérir ? Cela me monte à la gorge et m'étrangle et on croit que les sirops me feront du bien ! Enfin, il est toujours bon de pleurer parce qu'on s'apitoie sur soi-même et on pense que le ciel aura aussi pitié. Mais non. Je n'ai pas d'illusions à ce sujet...
Ce n'est pas cette Reine-catin ni des femmes comme Mmes Bail ou les Hecht qui m'éblouissent de leurs misérables splendeurs... Mais quand je pense que partout, chez tout le monde !... Je ne dis rien de la Reine, elle m'a invitée dix fois à venir avec ma tante en l'absence de maman, je n'irai pas, d'abord à cause de maman, et puis il vaut mieux ne plus y aller... il n'aurait qu'à arriver quelque ennui.
Et ma mère qui est là, en Russie et qui ne sait rien arranger pour moi. Oh ! c'est fou mais je suis désespérée.