Vendredi 20 août 1880
Avant-hier j'écris trois pages sur la liberté de la pensée (ne pas confondre avec la libre-pensée) et aujourd'hui je retrouve mes réclamations dans la lettre XV de Mme E. de Girardin. Moi qui pensais avoir trouvé du neuf...
Il est sept heures et demie. M. le baron envoie demander de mes nouvelles. Ces malheureux viennent seulement de rentrer, partis à neuf heures du matin, ils ont déjeuné à Betz, les Moreau, Potin et Mlle Devick. Moi, j'ai passé une journée détestable, toussant, lisant, sommeillant. Les eaux m'ont rendu la tête lourde, la respiration difficile et avec cela une paresse extraordinaire. Cela tient peut-être à ce que je n'avale pas leurs horreurs... Et je me crois pour bien longtemps dégoûtée de la nourriture, il faut que je vous dise ce qu'il y avait dans mon potage pour que vous compreniez: des vers, et [à la] table d’hôte ils ont tous mangé des poulets pareils mais comme ils étaient rôtis et au jus... Ainsi le matin je prends deux tasses de café à la crème puis je mange des fraises ou du pain avec du sirop et pour dîner du chocolat ou des sardines. Mais je commence à avoir assez de tout cela, nous partons demain.