Samedi 3 juillet 1880
Hier nous sommes allés au Sénat mais ce n’était que la préparation de la grande séance d'aujourd'hui: l'amnistie. C'est Turquan-deux qui nous a fait entrer hier et aujourd'hui dans la tribune diplomatique. La salle est bondée et un instant j'ai eu peur de m’évanouir de chaleur combinée avec cette odeur affreuse de la chair humaine. Mme de Renneville est dans la même suite que nous et à côté Mme Arnaud divinement belle mais mise comme !... entre une sorcière et une concierge.
Le jeune Arnaud très beau se démenait moins que d'habitude en bas, dans la masse des secrétaires rédacteurs etc. venus là.
Jules Simon parle, c'est la première fois que je l'entends et il parle bien mais la cause n'est ni large, ni entière après le sens que Gambetta a donné à l'amnistie. On avait tout le temps envie de lui répéter certains passages du discours de Léon. Je vous garderai les journaux mais mon impression à moi est qu'on a fait une bêtise et que le ministère a été sot et maladroit et nul. Cela a duré jusqu'à plus de sept heures !
Je suis contente d'avoir assisté à une séance “historique” quoique n'ayant pour résultat que de n'avoir rien changé à la situation. Plusieurs cartes en notre absence, entre autre Berthe, P.P.C.