Mardi 30 mars 1880
La duchesse de Fitz-James douarière qui est présidente de l'œuvre des petites sœurs de l'Assomption nous invite à prendre part à une vente et nous acceptons. Ce sera élégant.
On lui a parlé de mon grand talent et un tableau signé de moi “fera le fortune d’une loterie,” toutes ces dames en placeront, des billets et le tableau sera placé dans notre boutique.
A propos de tableau, Julian me dit que la réception du mien ne fait pas l’ombre d’un doute.
Monsieur Vernhet qui amenait Bougereau a demandé mon numéro pour me recommander. Gaillard aussi en a parlé à Rapin et à M. de Beaulieu, voilà de braves gens car en somme je ne leur ai rien demandé ni ouvertement ni par allusion.
Et puis... mais il serait temps ce me semble que le sort de ma peinture soit connu...
Je m’occupe de faire un petit tableau, cet après-midi une camarade et moi nous sommes allées rue Saint-Victor aux abords du Panthéon, quartier plein de modèles italiens. Ça respire l’Italie et le soleil semble plus chaud.
Pélikan est parti pour Nice. Hier nous avons passé chez Rosita de Miranda et elle m’a dit que la Reine (qu’elle a vue quelques minutes après nous) lui a dit que j’avais la plus belle taille du monde.
Seulement ne craignez pas que je fasse une Italienne en costume italien, je trouverai autre chose.
Saint Amand est venu... je voudrais qu’il joue avec moi à notre soirée mais il se trouve trop vieux. “Mme Turr m’a fait la même demande et j’ai refusé.”