Journal de Marie Bashkirtseff

A l’église puis chez les Gavini avec maman où il n’y a que Randouin et Las Cases et le comte de Bearn qui s’en va le premier et puis le mari d’Odette. Je ne me croyais pas entrain mais cela a été le contraire. Très gentille et pas excentrique. Une fois sortie j’ai écouté à la porte la mère Gavini et Las Cases dire que je suis une des femmes les plus intelligentes qu’on puisse voir... etc. etc. Vous comprenez si jamais je vous raconte du bien de moi, c’est pour vous mieux édifier sur mon compte, pour que vous ne pensiez pas que je suis une bête qui demande au ciel des choses qu’elle ne mérite aucunement. Et puis ce Journal ne peut donner une idée de mes conversations, [Mots noircis: ce n’est pas que je] veuille vous faire croire que je suis incomparable mais n’est-ce pas, ici, je n’enregistre que les petites misères de chaque jour d’après lesquelles on ne peut pas juger... vous comprenez ce que je veux dire. J’ai vu [’Exposition du Cercle de la rue Saint-Arnaud, aujourd’hui.
Soutzo est venu jouer aux cartes avec ma tante: Géry père est à Tunis, pas moyen de lui réclamer la discrétion que me doit ce perverti de Gabriel.