Nous sommes empêchées d'aller chez Mme Gavini qui est venue hier, par la famille Gerbel qui vient nous montrer le comte de Schulenberg, le fiancé de Mlle Marie.
Et à dîner nous avons Mme Pribilsky. C'est une sorte de folle aux cheveux teints qui a beaucoup d'argent et le jette à tort et à travers. Sa petite fille est à la pension à Paris et depuis deux mois nous la prenons tous les dimanches chez nous, surtout pendant les très fréquentes absences de sa mère.
Et voilà que nous découvrons que cette dame, qui rappelle beaucoup Mme Sapogenikoff, a connu Popaul et qu'elle l'a ennuyé au point qu'il n'a même plus été poli à la fin. [Elle n'a] pas dit qu'elle l'avait ennuyé mais on l'a parfaitement compris. Elle en est folle.
- Alors ça n'a pas abouti ? lui ai-je demandé.
- Hélas ! non.
Elle s'est mise en deuil avec des violettes et sa fille aussi. Moi aussi je me remets en deuil puisque la cour de Russie le prend pour dix jours.
J'ai encore pleuré ce matin.
On voit les portraits du pauvre Prince exposés partout et c'est affreusement triste. Cela m'a ramenée au bonapartisme et je commence à vénérer Plonplon que Cassagnac commence à nommer: Son Altesse impériale Mgr. le Prince Napoléon. Lisez "Le Pays" d'aujourd'hui.