Journal de Marie Bashkirtseff

Vous croyez peut-être que la glace est rompue, pas du tout.
Les miens sont au concert, je suis allée chez Berthe, je ne sais pourquoi. Imaginez-vous que cette canaille a eut le toupet d'écrire à Dina pour la prier de venir la chercher sans dire qu'elle l'en a priée. C'est encore, comme je l'ai appris, des histoires de lettres anonymes, saletés, cachotteries. La mère dit que nous l'avons perdue et mariée, c'est elle qui l'a avoué à sa mère, elle est la défunte Yorke. Je m'en suis plus que doutée, j'en étais bien sûre.
D'ailleurs ma visite ne compte pas, puisque nos mères ont eu l'amabilité d'aller voir cette femelle et son petit, et d'ailleurs maman avait répondu à des lettres de Berthe écrites au lendemain de ce sale mariage.
Je l'accuse pour M. Georges, pour Berthe, elle a été aussi faible et aussi sotte. Tout cela retombe sur moi. Enfin que Dieu les bénisse !
J'exècre cette fille pour le masque et puis il y a son sale mariage, sa sale escapade et toute sa tripotteuse et vilaine personne.
[Barré: dans Je suis dans mes humeurs noires. Il vaut mieux mourir.]