Mardi, 25 mars 1879
Les Basilewsky dînent chez nous mais Mme Gavini est arivée comme une bombe à quatres heures et emmenant ma tante, s'est précipitée à l'atelier me dire qu'il faut absolument que je vienne, que c'est le mardi des abonnés, la fine fleur de la société parisienne, que par bonheur Mme Bianchi est malade et lui envoie sa loge aux Français; bref j'ai dîné avec nos Russes et me suis ensuite rendue à l'invitation susdite. On m'a sans doute vue mais moi je n'ai vu personne, j'étais fatiguée et ma robe noire, bien que laissant voir le cou assez bien, devant et derrière, me rendait endormie.
Pourtant ce décolleté fait bien, ouvert... également derrière et devant, devant un peu plus mais fort peu quand même. Un corsage à pointe, des manches courtes et des gants rejoignant les manches. Gambetta a sa loge les mardis, j'avais envie (de voir son secrétaire mais j'étais endormie et n'ai rien vu sauf Mme de Pourtalès qui n'était pas loin et qui bien que paraissant ses quarante-cinq ans est miraculeusement belle, svelte et gracieuse. Sans lorgnettes on lui donnerait vingt-cinq ans.