Mardi, 10 septembre 1878
Il s'est passé une scène qui, malgré l'habitude que j'en devrais avoir, m'a rendue folle de révolte.
Nous montons notre escalier, M. Georges est là assis sur un banc du deuxième palier. Il s'élance et se met à déchirer la robe de ma tante en lui prodiguant des paroles abominables. Je me mis à appeler le concierge de toutes mes forces, les domestiques accoururent et nous pûmes rentrer. Mais dans deux minutes la sonnette tintait de nouveau. C'est à ne pas y croire ! Maman trouve que j'ai été bien mal élevée de crier ainsi.
Il est inutile de vous le répéter, vous savez aussi bien que moi, que maman dit que c'est tout simple, que je suis abominablement mal élevée, que je fais tout le scandale, que j'ai crié comme une poissarde. C'est si adorable que je n'ai rien à dire. Mon mépris pour ces femmes ne peut ni se peindre ni s'imaginer. Convenez avec moi que je ne suis pas sur des roses. Si j'étais un peu moins fière j'irais sans plus attendre me casser la tête
Que faut-il penser de ces femmes ? Je ne veux rien penser, je vais agir.
Tous les jours après l'atelier je me promènerai au Bois, il faut profiter tant qu'il fait jour jusqu'à six heures et demie. Tout l'univers est à Paris et malgré toutes ces horreurs dont je suis entourée je voudrais vivre, voir tout le monde...
Nous avons rencontré Larderei, c'est un charmant garçon (je tiens à le constater de sang-froid) avec un certain air froidement hautain qui n'est vraiment pas ordinaire. Ce qui prouve que j'ai bon goût.. Mais quelle folie d'avoir cru que ...
Bien que vous soyez.... je me contiens parce que je suis en deuil. Je suis obligée donc de vous écrire, maman est comme vous le pensez bien affaiblie et exténuée par toutes ces émotions terribles; elle me prie de vous répondre aussi poliment que possible. Je tâcherai de ne pas vous donner ce que vous méritez et de n'étre pas trop grossière bien qu'il m'en coûte en vérité. Mais je suis obligée de renoncer à mes plus chères habitudes, les robes noires remplacent les blanches et à l'impertinence envers les indignes succède l'affabilité exquise dont cette lettre est un preuve flagrante.
Nous sommes bien éprouvées par la perte irréparable que nous venons de faire, bien tristes... et pour comble de malheur il y a votre ami Alexandre qui vient d'arriver, on assure qu'il a le mauvais œil.
Donnez-moi les nouvelles les plus précises, les plus détaillées de l'impératrice, (il écrit qu'il va lui faire une visite). Je surmonte l'horreur que vous m'inspirez parce que j'ai besoin de ces nouvelles.
Une pauvre femme veut envoyer à Sa Majesté je ne sais quel souvenir Napoléonien et me demande comment il faut l'adresser pour qu'il parvienne pour sûr. En dehors de cela je suis impérialiste enragée de sorte que cela m'intéresse.
Bonsoir donc, et que... je me contiens parce que je suis en deuil.
Il y a un livre de Felix Ribeyre: "Biographie des Sénateurs et des Députés" ou l'on parle Cassagnac en des termes qui me font bondir : Né à Paris le 2 décembre 1843. Une nature éminemment sympathique, un tempérament de polémiste hors ligne et un homme politique de grand avenir, voilà sous quel respect se présente M. Paul de Cassagnac fils ainé de M. Adolphe Granier de Cassagnac...
Il a pris place dans les rangs de l'Appel au peuple et a fréquemment honoré la tribune avec une éloquence chaleureuse qui sait, lorsqu'il le faut, se montrer modéré et digne d'un véritable homme politique. Bien, c'est fait par un ami, ça se comprend.