Jeudi, 5 septembre 1878
On reçoit des lettres et des cartes de Nice. Florence m'écrit. Je lui réponds, elle m'invite à aller pour quelque temps chez elle à la campagne en Angleterre. Les chasses et tout le reste, ce serait peut-être amusant. En outre je voudrais d'elle une lettre pour M. de Lesseps. J'écris en outre à Berthe, à Yorke, à Coubé, Abaza et à Doubelt. Je vais doucement mon chemin, je ne vous parlerai de ces choses que si le résultat répond aux espérances. Alors je vous raconterai mes petits calculs pour me vanter.
J'ai cru voir ce matin le petit Larderei en fiacre avec une dame, un bébé de deux ou trois ans et une bonne. Si c'est sa femme, quel est ce bébé ? Sa sœur serait en deuil. Enfin que le diable l'emporte. Il est le petit Larderei. Oui, je suis sûre que c'était lui.
Michel vient de me consoler en répétant des horreurs du mariage de Cassagnac.
- Mais, dit-il, Cassagnac n'est ni une canaille ni un méchant garçon. C'est un écervelé, un fou. Autrement il a un cœur excellent.
- Mais alors Monsieur pourquoi a-t-il fait ce mariage ?
- Ah ! il avait besoin d'argent, Mme de la Valette ne pouvait plus en donner, les élections, les invalidations, tout cela est arrivé, il l'a fallu.
Clément Laurier qui dote Mlle Acard et on dit qu'il devait le faire.
Et la mère était une cocotte ! Blanc même en convenait.
Pauvre Cassagnac, va, ils ne te noirciront pas. Tu as fait un sale mariage mais cela ne regarde pas le public puisque tu le lui caches. Pour les autres infamies je veux bien qu'on les ait racontées, exagérées, mais la fortune de la mère et son état, sont indiscutables et... c'est une horreur ! Je n'accuse pas Cassagnac, on l'a poussé dedans, il a été forcé, on lui a monté la tête. Quel dommage tout de même. Avec moi, on... on dirait peut-être tout autant de mal mais d'un autre genre.
On parlerait de la façon illégale dont ma tante a hérité. Quel mensonge. Cette femme s'est sacrifiée en épousant son mari pour nous assurer une fortune. Ce mari elle lui a toujours été fidèle et l'a admirablement soigné. D'après la loi elle n'héritait que le quart, pour qu'elle ait tout, il fallait que son mari fit semblant de lui vendre ses biens, il fit cet acte de vente, elle devint la maîtresse de tout mais jamais il ne s'aperçut d'aucun changement. Voilà ce qu'on reproche; pauvre Cassagnac. Pauvre moi.
J'ai cru voir ce matin le petit Larderei en fiacre avec une dame, un bébé de deux ou trois ans et une bonne. Si c'est sa femme, quel est ce bébé ? Sa sœur serait en deuil. Enfin que le diable l'emporte. Il est le petit Larderei. Oui, je suis sûre que c'était lui.
J'ai cru voir ce matin le petit Larderei en fiacre avec une dame, un bébé de deux ou trois ans et une bonne. Si c'est sa femme, quel est ce bébé ? Sa sœur serait en deuil. Enfin que le diable l'emporte. Il est le petit Larderei. Oui, je suis sûre que c'était lui.
Me comparer aux Acard ! Comme je suis folle de m'abaisser ainsi. Mme Acard ! Une femme perdue, une maîtresse d'Antonelli.
Vous ne sauriez croire comme je suis contente d'entendre qu'il y a été forcé. Quand j'ai écrit mes lettres, il était trop tard., quatre jours avant la cérémonie ! Il y était entré jusqu'au cou.
Vous ne sauriez croire comme je suis contente d'entendre qu'il y a été forcé. Quand j'ai écrit mes lettres, il était trop tard., quatre jours avant la cérémonie ! Il y était entré jusqu'au cou.
Notes
Les élections de Cassagnac comme député du Gers furent invalidées à plusieurs reprises par la Chambre des députés à majorité républicaine en 1876 et 1877. Chaque invalidation déclenchait une coûteuse campagne d'élection partielle, épuisant ses ressources et celles de sa protectrice, la marquise de La Valette. ↩