Dimanche, 4 août 1878
J'arrive à table tout agitée et me promettant d'être bien tranquille. Le prince me passe le vinaigre et rougi, je rougis aussi. Je prends un prétexte et je boude les miens pour rire, je jure de ne plus parler et à chaque instant il m'échappe des bêtises qui font rire les sourds-muets eux-mêmes.
J'arrive à table tout agitée et me promettant d'être bien tranquille. Le prince me passe le vinaigre et rougit, je rougis aussi. Je prends un prétexte et je boude les miens pour rire, je jure de ne plus parler et à chaque instant il m'échappe des bêtises qui font rire les sourds-muets eux-mêmes. Je joue avec ma broche, je la passe à Mme Rembelinsky qui me la repasse, naturellement ils voient cela. Puis je tire mon carnet où le crayon manque, je ne l'avais pas retiré exprès, je vous assure; bref c'est une occasion très belle pour me prêter un crayon. Il n'en fait absolument rien. Je laisse tomber mes clefs et je les ramasse moi-même. Alors le prince prend son crayon et se met à dessiner sur le menu. Bravo.
Je joue avec ma broche, je la passe à Mme Rembelinsky qui me la repasse, naturellement ils voient cela. Puis je tire mon carnet où le crayon manque, je ne l'avais pas retiré exprès, je vous assure; bref c'est une occasion très belle pour me prêter un crayon. Il n'en fait absolument rien. Je laisse tomber mes clefs et je les ramasse moi-même. Alors le prince prend son crayon et se met à dessiner sur le menu. Bravo. En me levant je laisse tomber le carnet, le mouchoir et les clefs que j'avais oubliés sur mes genoux. C'est le garçon qui me ramasse le tout. Maintenant que j'ai fait mon devoir... C'est un devoir auquel il ne faut jamais manquer envers soi, que de s'assurer autant que cela est possible de tout ce qui présente quelque doute que cela soit.
En me levant je laisse tomber le carnet, le mouchoir et les clefs que j'avais oubliés sur mes genoux. C'est le garçon qui me ramasse le tout. Maintenant que j'ai fait mon devoir... C'est un devoir auquel il ne faut jamais manquer envers soi, que de s'assurer autant que cela est possible de tout ce qui présente quelque doute que cela soit. Mais le croiriez-vous, je suis si folle, la présence de ce malheureux m'a causé aujourd'hui un trouble ridicule. Après ce dîner je m'en vais pendant plus de deux heures rôder dans les bois et comme j'y suis toute seule je ferme les yeux et je m'invente des rencontres, des conversations les unes plus amusantes que les autres... Mais le croiriez-vous, je suis si folle, la présence de ce malheureux m'a causé aujourd'hui un trouble ridicule. Après ce dîner je m'en vais pendant plus de deux heures rôder dans les bois et comme j'y suis toute seule je ferme les yeux et je m'invente des rencontres, des conversations les unes plus amusantes que les autres...