Journal de Marie Bashkirtseff

Le prince Nicolas de Nassau et sa femme, la comtesse de Merenberg, l'amie des Batourine, ont dîné à côté de nous à table d'hôte. Je n'ai fait aucune avance, ce serait pourtant une bonne connaissance à faire.
J'ai mes affaires et je crois que cela va terminer la cure de Soden qui a cela de bon que ayant beaucoup de temps à moi j'ai restauré mes mains et mes pieds en soignant les ongles qui jusqu'à présent étaient aussi laids que possible et n'étaient que propres, ce qui n'est vraiment pas assez pour une femme comme il faut. Je me promène avec tout le monde et fais des plaisanteries assez ordinaires qui amusent ces gens qui trouvent fabuleux de faire des grimaces dans le dos des vieux allemands ou d'envoyer des baisers aux passants, quand ceux-ci ne le voient pas et quand il n'y a pour témoins que des arbres. Je suis folle mais prudente, rassurez-vous.