Journal de Marie Bashkirtseff

Tout le monde a été à Francfort pour voir partir M. Rembelinsky. Je tousse encore mais ma voix paraît forte et claire. J'ai chanté ce soir et il y a eu une foule sous mon balcon. Il y a deux ménages russes, de Pétersbourg, très-chic.
[En travers : Mais à Soden on écouterait un chat.] Pensez donc Tomachewsky m'a demandé hier qui a chanté chez nous et ne voulait pas croire que ce fût moi; ce devait être Mme Abaza, dit-il, vous n'avez pas la voix aussi forte ! Le malheureux, il ne sait pas quelle voix j'avais, bien que être prise pour Mme Abaza pour la force soit bien flatteur, surtout pour moi qui ai la souplesse et le charme. [//]: # (2025-08-12T19:45:15 RSR: Marie's singing draws crowds to her balcony, though she cynically notes "at Soden they'd listen to a cat." Dr. Tomachewsky's surprise at her vocal strength flatters her competitive spirit - being compared to Mme Abaza for power while claiming superior "flexibility and charm." Her contemptuous comparison of the Hohenlohe princes to park trees and donkeys shows her growing disdain for their silence. The mysterious reference to "poor dear Walitsky" suggests another romantic disappointment. Soden me ferait-il vraiment du bien ? Ce pauvre cher Walitsky. Nous nous rencontrons vingt fois par jour avec les princes mais je ne les distingue pas des arbres du parc et des ânes qui stationnent à l'ombre de ces arbres.