Jeudi, 4 juillet 1878
Monsieur Tholozan, [mots noircis: le docteur du Shah depuis 25 ans] et ami de M. Anitchkoff, est venu faire notre connaissance ayant reçu une lettre d'Anitchkoff. M. Anet, l'oculiste qui a opéré grand-papa, ou plutôt qui a aidé Ivanoff à l'opérer, est aussi venu. Nous lui avons annoncé le veuvage de Mme Kondareff, grand-papa, le pauvre , en a bien ri.
Comme c'était convenu je vais chez les Gavini et nous allons à l'Exposition. On n'est pas plus charmante que Mme Gavini, quand elle me présente aux dames que je rencontre chez elle, aujourd'hui c'était Mme Pereira, elle énumère mes qualités, élégance, esprit et "surtout, dit-elle, c'est une bonne fille et nous l'aimons beaucoup."
Nous nous sommes promenés au Bois, moi et les deux Gavini. On les adore à Paris, d'ailleurs ils sont bien aimables et adorent le monde. Je leur ai raconté ce qu'on dit des Acard, tout en disant que c'était affreux et que je ne voulais pas que cela fût raconté.
- Je vous ai bien dit ma chère ce que sont les Cassagnac sous le rapport de la considération... dit Mme Gavini.
- Croyez-vous Mme, demandai-je qu'on recevra Mme de Cassagnac dans le monde ?
- Nulle part.
- Oh ! vraiment !
- Mais d'ailleurs ils se tiendront tranquilles; les Cassagnac n'allaient jamais dans le monde, il n'y avait que Paul et peut-être s'il présente sa femme... mais je ne crois pas.
Ce serait bien, mais je crains que le Défunt ne les roule tous. Il se tiendra coi, recevra les hommes de son parti et le reste se fera tout seul, les plus grandes dames iront voir la fille du cardinal quand elle aura un salon politique.
La fille d'une coquine... et dire que j'aurais pû préserver le pauvre homme d'un pareil malheur. Dire que par ma faute l'homme qui aurait pû occuper un rang brillant dès à présent, est devenu on ne sait quel homme spéculateur...
On ne lui aurait jamais donné une fille de bonne maison française; j'aurais été parfaite, mais je l'ai vu trop beau et j'ai commis non seulement une bêtise mais une faute, un péché.