On ne s'imaginera jamais rien d'approchant aux horreurs d'hier.
Le docteur et Blanc ont dit des choses si persuasives qu'elles en étaient dûres. Quant à moi après avoir pleuré, supplié,
crié, après avoir eu deux attaques de nerfs, je suis allée chez le commissaire de police en emmenant avec moi la pauvre folle qui est ma mère. Ça ne leur faisait rien que j'aille à la police pourvu de ne rien faire contre Georges !!! Cet aveuglement, cette folie, ce malheur II
Tant que le père est là, la loi ne peut rien contre le fils à moins de l'enfermer dans une maison de santé.
Madame de Mouzay que j'avais emmenée aussi n'en revenait pas et ne comprenait rien à cette femme qui sacrifiait sa fortune, son honneur, son repos; l'honneur, l'avenir et la vie de ses enfants à un frère fou, ivre, criminel !
De dix à douze je suis restée comme sans connaissance sur un canapé et puis je me suis couchée à moitié folle.
En me réveillant je trouve que je me suis égratiné le cou hier et que deux doigts de ma main droite sont bleus et gonflés, je les aurai tourné maladroitement sans doute hier.
Mais je suis d'une humeur charmante. J'ai rêvé d'Alexandre et comme si j'en étais très amoureuse.
Etienne et sa femme sont arrivés ce matin, je l'ai su en m'éveillant à onze heures. Je n'ai pas pu aller à l'atelier à huit heures, j'étais brisée.
Nous allons nous séparer, le pauvre grand-père sera laissé comme une proie à son fils et sa fille qui ira sans doute le voir vingt fois par jour, essuiera les coups, les infamies, les scandales, les créanciers.
Ce qu'on paye pour lui, on pourrait en payer des dettes à soi et ce serait vraiment plus honorable.
J'ai longtemps souffert ces infamies mais à présent c'est fini. Je n'ai à compter sur personne du moment où je vois que mes mères sont folles, réellement folles. On aime mieux que j'aille me salir à la police que d'agir contre cet homme.
Ah ! mon Dieu.