Journal de Marie Bashkirtseff

Hier j'ai écrit un mot au comte de Tanlay pour lui demander des billets pour la revue et aujourd'hui il me les envoie. Vous vous souvenez n'est-ce pas du comte de Tanlay à Spa ? En recevant ces billets j'ai eu autant d'émotion qu'à la lettre d'Antonelli, au portrait d'Alexandre envoyé par Marcuard, et à une foule d'occasions de toutes sortse, c'est pour me dire ceci : Ce que je prenais pour des affaires de cœur ne l'était donc pas ? ou bien, et c'est ce dernier qui est le plus probable, les choses de vanité et d'ambition sont donc ce que j'ai de plus cher au monde ? Oh ! ça, c'est vrai.
En rentrant de nos courses si fatiguantes en fiacre, nous trouvons la carte de Berthe et de sa mère. Je lui avais écrit.
Comme l'été passé, à Paris et à la même époque, je suis fatiguée et abattue. Vous voyez bien qu'Antonelli n'y était pour rien. Je ne savais que dire son nom, (grâce aux aimables circonstances que vous savez) se trouva à portée et je me suis accusée d'aimer.
J'ai lu "Le roman de la Momie" par Th. Gautier. Pour moi qui adore tant l'Egypte et qui espérais trouver dans ce livre une sorte de chronique, d'amusement historique, c'est une déception. Outre un tas de noms d'architecture et d'accessoires on n'y trouve rien d'égyptien..
Bihovetz télégraphie à la princesse Zeretel, du fond de sa vallée ou du haut de sa montagne, un tas de drôleries sur la belle jeunesse italienne qui, paraît-il, a envahi Saint-Martin Lemtasque (où il se trouve) et y a apporté des plaisirs aussi variés que charmants. Il termine en rappelant qu'il se vengera de la princesse.