Journal de Marie Bashkirtseff

J'ai dormi chez mon père et jusqu'à midi.
J'ai essayé de conduire le cheval difficile, mais avec le harnais russe je n'ai pas assez de force. On attela les deux chevaux ensemble à l'anglaise, et cela alla tout seul, je pourrai donc les conduire à l'étranger.
En rentrant je trouvai les journaux, "Le Figaro" qui publie "Le secret du chevalier de Medrane", roman de Granier de Cassagnac père. Une espèce de roman didactique ou M. de Cassagnac donne à ses héros des pensées et des principes divinement honnêtes et moraux. Dans un journal, le journal d'un des héros, j'ai parfaitement reconnu la manière et les idées de Paul de Cassagnac et, tout en ayant conçu pour lui une grande admiration et un sincère respect (s'il ne ment pas) je suis devenue en quelque sorte jalouse de la femme qui lui a inspiré de tels sentiments, un tel respect, une telle adoration.
Je me monte la tête pour un vil journaliste... tant qu'on veut, qu'on le nomme comme on veut, ce que j'ai dit je l'ai dit et le crois à moins, à moins qu'il ne soit un hypocrite.