Journal de Marie Bashkirtseff

Je me réveille avec la gorge si prise que je ne puis ni tousser, ni parler, un affreux état.
Il est trois heures de l'après-midi, il pleut, Soroka et Galula sont déjà là, protégés par la porte d'une boutique et Soroka se cachant derrière Galula. Mais ils sont laids tous les deux et sur leur voiture je n'ai vu que des initiales.
Je suis enrouée, j'ai mal à la gorge. C'est sans doute le Colisée qui m'a refroidie par ses courants d'air antiques.
Je reste toute la journée à la maison, Soroka est sans doute venu le jour parce qu'il ne pouvait pas venir le soir.
Dieu ! si c'était un marchand de vin.
Je ne m'en fiche d'ailleurs pas mal, il est jaune et laid.
Mais en me souvenant de la figure que j'ai vue dans la glace la veille du Nouvel An, je trouve qu'elle lui ressemble. Laide et bête, ai-je dit, un mélange de Godard et de Robillard.