Mardi, 4 mai 1875
Pourquoi suis-je sûre d'être reine un jour, je le dis tout haut et nous en rions.
Yourkoff m'a apporté des fraises et des concombres frais et je lui ai promis de le faire chambellan. Tout en plaisantant je deviens à peu près certaine, et c'est vraiment ou un pressentiment venant de Dieu ou folie.
Demain Julie se marie, je lui ai envoyé une dépêche de félicitations.
Je suis reine d'Espagne, il y a une révolution en Angleterre et le Duc, le profané duc de Hamilton vient à ma cour. Ma cour, une cour de plaisirs et de délices, surpasse tout ce qu'on a vu depuis Néron jusqu'à Louis XIV, ces deux hommes que j'ai adorés.
Je suis sortie avec Collignon, nous étions au café où il y avait une abominable [société] de belles dames et de Niçois. Markevitch et Pàris dînent chez nous, ensuite on va au théâtre.