Samedi, 12 décembre 1874
Maman, Dina et la petite Foster sont à la matinée Masséna.
A l'Opéra encore "Il Trovatore", nous avons Florence avec nous (robe blanche, ma coiffure, bien). La salle est pleine et quatre loges [Rayé: avec celle] l'une à côté de l'autre étaient occupées par la plus ou moins jeune jeunesse de Nice.
Audiffret avec Saëtone, le premier en cravate blanche et il pouvait ce soir prendre pour devise, hilarité, il riait, se déplaçait souvent et prenait des poses qui prouvaient qu'il avait bien dîné ou qu'il était particulièrement gai.
Quant à son ami, il avait plus que jamais l'air d'un homme qui pense beaucoup.
[Rayé: Nous] Je me suis assez amusée, Foster est intéressante et a de l'esprit. Ma tante souriait pendant tout le temps, à la maison seulement j'ai appris la cause de cette hilarité; il paraît qu'Audiffret n'a cessé de me lorgner et un autre vieux m'a regardée.
[Rayé: Ma tante] Je n'ai rien remarqué, il m'a semblé au contraire que le jeune Terffidua, la main sur sa figure, n'a rien vu, mais la main ombrageant la figure, il pouvait [Rayé: me vit regarder] voir sans en avoir l'air, c'était pendant les entractes, pendant les actes je ne sais rien, je regardais la belle Eleonora de l'autre soir.
S'il me regarde, il me trouve jolie, et s'il me trouve tel, pourquoi ne demande-t-il pas d'être présenté ? L'été dernier, Arson a je crois dit qu'il demandait de l'être, je ne suis pas sûre cependant.
Cet après-midi j'ai rencontré Lise et Aggie dans un magasin, nous avons parlé assez amicalement... et à la matinée Mme Howard s'approcha la première de maman.
Cette robe blanche me va bien, et le soir je gagne beaucoup.
Revenues du théâtre nous avons travaillé sur les réponses pour le questionnaire, je devais corriger toutes les bêtises qu'a écrites Walitsky, je ne me couchai qu'à deux heures et dix minutes.