Ce dernier se promenait sans cesse devant notre voiture et posait. Mais c'est un gentil garçon, il est beaucoup mieux depuis quelque temps. Voilà ces petits de Nice, Arson, Audiffret et même le clerc de notaire Desforges sont gentils et pas dégoûtants; Audiffret est le meilleur d'entre eux il s'annoblit de toutes ses forces et je puis dire qu'il réussit et qu'il fait bien, de plus sa liaison avec une femme de première qualité dans son genre l'a formé.
Maman après dîner fut prise d'un grand mal de tête, qui l'obligea de se coucher et alors elle souffrit horriblement, cria et pleura, je me tenais auprès d'elle et [Rayé: malgré] ma figure, malgré mon étude constante de ne rien lui faire exprimer quand elle a une grande tendance d'exprimer beaucoup, exprima plusieurs fois, la pitié, la crainte et l'inquiétude, [Rayé: je me suis attrapée deux fois ayant un] j'ai senti deux fois que ma figure était inquiète et mes yeux effrayés et fixés avec une profonde pitié sur ma pauvre mère qui se roulait par terre tant elle souffrait, mais je me suis reprise immédiatement et lorsqu'il y avait quelqu'un dans la chambre ou que maman me regardait on ne pouvait rien lire du tout sur mon visage.
Pour cela on me traite d'insensible, d'égoïste, etc. etc. cela me blesse mais j'aime mieux ces blessures faites par des ignorants que de laisser libre ma face comme le font ma tante et Dina, celle-là exagère même, laisse pendre sa lèvre inférieure, fronce son front, fait sortir ses yeux plus qu'il faut et hurle et court et fait la garde-malade avec empressement, cérémonie et un petit air connaisseur qui m'exaspère quelquefois. Quand on me demandait comment va maman je disais qu'elle va bien, que ce n'est qu'un mal de tête. A dix heures j'étais déjà chez moi, lorsque j'entendis en bas les cris de Georges et de papa, je ne descendis qu'après avoir [Rayé: pensé] attendu quelques minutes et pensé ce que c'était. Je ne me suis pas trompée. Georges, étant averti que maman est malade par Fortuné qu'on envoya et qui, selon sa manière, vint tout essouflé et avec de grands yeux entra tout à coup chez papa pleurant et criant, papa croyant qu'avant de venir chez lui il avait vu quelque horreur dans la maison se mit à vociférer et à hurler.
Je descends alors [Rayé: les], calme et majestueuse : Qu'est-ce que c'est, qu'est ce cri ?. Me voyant aussi tranquille, Georges me traite d'insensible, de cruelle et s'en va en disant que nous tuerons maman.
Je reviens avec lui et reste quelque temps encore chez maman qui va mieux.