Mardi, 29 septembre 1874 Le matin on vient de plusieus magasins. Un horrible coiffeur m'a maltraité les cheveux, je me décoiffe et recoiffe. [Rayé: Je vais chez W] Nous avons trouvé un fiacre qui nous servait au printemps, sa voiture est d'une apparence très convenable et le cheval et lui-même tout est propre et neuf, il a l'air d'un singe et se conduit très bien. Nous le prenons depuis onze heures. Je vais chez Walery, mais il ne peut me donner une heure que jeudi. N'en parlons plus. Seulement j'ai vu chez lui deux portraits de Gioia, et sur l'un d'eux elle est si gentille, si simple, si jeune ! J'ai prié qu'on me vende cette photogrographie, j'ai prié plusieurs fois, j'ai insisté mais c'est contre les règles de la maison, m'ont répondu ces brutes ! Vient Tchernichoff pour la deuxième fois aujourd'hui. Il apporte un chien qu'il prie de lui garder deux mois parce que pendant ces deux mois il va voyager, conduire ses filles à Genève, aller en Russie, revenir etc. Avec lui nous allons chez Arnaud, bric-à-brac, on y achète deux garnitures de cheminées. [Rayé: De là chez Worth] Il nous dit adieu et laisse le chien qui est déjà devenu le favori de tout le monde. Chez Worth je me commande une jaquette, de là de magasins de bronzes en magasins de bronzes. Je me tourmente terriblement je ne puis trouver une pendule et des candélabres selon moi, nous étions chez Chandellier un bric etc., plusieurs fois et enfin j'ai choisi un lustre de Sèvres pour moi, et un peu soulagée je cours aux boulevards, là, chez je ne sais qui, je trouve une garniture que je fais expédier. Nous étions aussi chez Cauvain, là on a commandé des services de table etc. J'étais très ennuyée et énervée, ne pouvant trouver ce que je voulais, et quand je suis énervée et ennuyée un étranger m'énerve encore plus, le diacre était avec nous, hélas ! Je cours chez Maurice, en route nous nous arrêtons parler à Moreno, [Rayé: il a dit qu'] il était trois fois chez nous, et nous n'en savions rien, trois fois avec Rémy. Il me conseille un certain Hulot, avenue Marbeuf pour les chevaux. Maurice n'a pas reçu les siens, il les promet superbes, je confierai tout cela à Bouba, un commissionnaire qui a son comptoir ici, un homme utile et commode. Puis je cours acheter une tasse chez Baccarat, sur le boulevard, cette tasse aussitôt chez nous le garçon la casse. On dit que c'est du bonheur un jour de fête. C'est la fête de ma tante. Le diacre dîne, on lui donne du champagne. J'arrache enfin un peu d'argent pour envoyer à Foster pour le chien, après j'emballe dans mon nouveau coffre, comme cela mes choses seront en ordre, je me presse comme un train express car ma tante me supplie de me coucher. Je crois que je n'ai rien oublié. Je me couche.