Monday, 22 January 1883
Cet artiste grandit par la persecution. Il ne faut pas y toucher, o Stephanie ?
Depuis deux mois je vois deux fois par semaine le docteur indique par M. Duplay...
Je ne suis pas mieux, mais on espere que cela n'augmentera pas.
C'est dur. Le medecin est un jeune a l'air fin et intelligent...
Comme il avait envie sans doute de me dire que je l'intriguai aussi...
Et comme une certaine familiarite s'est etablie entre ce medecin et cette malade originale...
— Oh ! c'est parce que vous lui avez parle de toutes nos conversations sur la politique et le droit des femmes...
— Non pas du tout, je vous assure...
— Mais je ne lui ai pas dit dix mots.
— Enfin, je ne sais pas.
— Et vous, est-ce que je vous intrigue aussi ?
— Mais oui.
— Eh bien ?
— Eh bien je vous l'ai dit vous n'avez rien d'ordinaire...
— Certainement, eh bien qu'est-ce [Mots noircis: que je represente]
— Eh bien, on se pose un grand point d'interrogation.
— Et puis
— Mais je ne sais pas, ce qu'il y a de certain c'est que vous etes extraordinaire.
— Des idees biscornues alors ?
— Non, tres justes, des connaissances etendues...
— Enfin, ai-je l'air respectable ?
— Mais certainement.
— Eh bien c'est quelque chose... Mais ce qui me frappe, c'est que M. Duplay ait ete frappe ?
Qu'est-ce qu'il doit penser ce petit medecin qui causait si volontiers des affaires publiques avec cette pauvre malade incurable ?
Je suis donc intelligente ? Quelle coquetterie !
Enfin ! Le ciel n'est pas bon pour moi...