Wednesday, 25 April 1877
I circle around something... I know not what — something I ought to have thought of — and it makes me unhappy. Something is missing, everything is missing, emptiness everywhere.Je tourne autour de quelque chose... je ne sais quoi, à quoi j'aurais dû penser, et cela me rend malheureuse. Quelque chose me manque, tout me manque, partout le vide.
Qu'ai-je oublié ?
Marcuard est venu faire ses adieux. Puis Zunica et Porcinari et les Fabbricatore et le consul et le soir Melito et Caracciolo.
Je suis triste, j'ai si souvent dit triste pour dire ennuyée que... d'ailleurs je ne me rends pas bien compte, ce que je sais c'est que je ne peux pas causer, Je ne ris pas, je ne désire rien, rien ne m'intéresse. Tout m'est indifférent, si tout ne me dégoûte pas.
Je me suis rendue laide ! Larderei ne m'a vue que bête, maladroite, mal mise, pitoyable. Ah ! si j'avais été brillante, élégante comme avant, admirée... il en aurait été autrement rien que par amour-propre. On n'aime pas les femmes *pitoyables,* d'ailleurs on a raison, c'est stupide.
Maman me raconte là-dessus des choses très sensées que j'aurais dites moi-même s'il n'y avait pas cette paresse, cette prostration, cet hébêtement.
Voilà une lettre pour calmer ma tante:
"Je vous écris parce que je suis sûre que maman vous aura raconté des drames et des non-sens. Je ne prends rien au tragique, d'ailleurs je vous jure devant Dieu que dans toute cette aventure, je n'ai eu que l'amusement c'est pour cela que Bijou m'est sympathique. Aucun froissement, aucune humiliation, les affaires intimes ne regardent que moi et... encore ! Quant aux affaires extérieures elles sont toute à mon avantage.
Ne pensez pas qu'il y ait comme avant ces stupides et odieuses histoires avec des gens sales. Ici tout est différent et ne ressemble en rien aux vilenies passées dans lesquelles j'étais mêlée. Dieu sait pourquoi sans le moindre petit amour; je ne détestais pas un homme, vous criez que je l'adorais, je pleurais d'amour-propre, vous vous imaginiez que je pleurais de désespoir. Il me serait souverainement désagréable de penser qu'on peut, même à distance, comparer les présentes affaires ou les saletés d'avant.
J'ai fait peau neuve et ne désire aucune analogie avec les horreurs passées. Je m'amuse beaucoup et si par fantaisie j'adore Bijou, faites comme moi, ne le prenez pas au tragique, et surtout ne l'avilissez pas par des craintes absurdes, des soupirs abominables et des comparaisons humiliantes. Il n'y a rien de bête comme les chagrins d'amour que vous me donnez toujours, et je vous jure qu'à tort."
"Dubium, illusio, deceptio, oppressio"
Gloriae Cupiditate