Thursday, 21 January 1875
[Two pages torn out] Dost thou know the palace where he dwells afar — The gilded halls and the beautiful stables? [Crossed out: where dukes and lords Draw me at every instant and I say to myself low spreading out my arms toward them] That draw me day and night As if reaching out their arms to me That draw me day and night As if reaching out their arms to me And it is there alone that I understand life And the park [Crossed out: magnificent] WHERE each day [Crossed out: with its trees so green so tall so fair Where each day thousands of fine landaus pass] So many angels and demons File past on horseback or in splendid carriages.# Jeudi, 21 janvier 1875 [Deux feuilles arrachees] Connais-tu le palais où il demeure là-bas Les salles aux lambris d'or et les belles écuries ? [Rayé: où des ducs et des lords M'attirent à chaque instant et je me dis tout bas en me tendant les bras] Qui m'attirent jour et nuit Semblant me tendre les bras Qui m'attirent jour et nuit Semblant me tendre les bras Et c'est là seulement que je comprends la vie Et le parc [Rayé: magnifique] OÙ chaque jour [Rayé: avec ses arbres si verts si grands si beaux Où passent chaque jour milliers de beaux landaus] Tant d'anges et de démons Défilent à cheval ou bien dans de superbes voitures.
*In English in the original*
On m'a apporte mes robes, toutes sont tout a fait jolies.
Apres force tribulations ma tante a pris une loge au Nouvel Opera, no 16 au deuxieme. Ma coiffure et la nouvelle robe blanche, longue, en taffetas blanc uni, le corsage collant et long, de cote une aumoniere en broderies blanches, longs gants blancs, pas de bijoux, ma coiffure tres bien, mais face, pas mal.
Je ne decrirai pas l'edifice, il est superbe mais je vois mieux et j'aime quelque chose de plus grand, de plus majestueux.
C'est grand comme dimensions, mais presque petit comme caractere.
Je ne dirai non plus rien du monde, je ne connais personne et sans binocle ne pouvais bien voir, la salle etait pleine et les dames etaient decolletees mais les toilettes etaient fort ordinaires ou fanees.
Nous allames voir le foyer, je me promenais fort majestueusement en ma longue robe, ma premiere robe longue, et cependant j'etais a mon aise et loin de m'embarrasser cette traine me plaisait et c'est avec une traine que je me sens reellement bien, rien de plus laid le soir que ces robes ni longues ni courtes, que ces creatures n'etant plus enfants et pas encore jeunes filles.
On m'a beaucoup regardee, je suis une personne que partout on remarque, je ne me vante pas car ce n'est pas pour mon merite mais pour ce que Dieu m'a faite.
On donnait "La Juive" avec la Strauss, la mise en scene est magnifique, la scene est si grande que les acteurs paraissent mouches et quinze chevaux ne purent la rendre peuplee.
A la sortie nous ne trouvames pas de voitures et apres etre restees longtemps a attendre je ne sais quoi, pendant lequel longtemps ma tante faisait de telles mines qu'on la regardait, nous allames a pied, moi furieuse, oh ! mais furieuse, dans deux minutes nous primes une voiture et une fois dedans je donnais des coups de poings dans le cote de ma tante qui etait vraiment exasperante, alors, elle, ce qui est tres naturel, sauta hors et alla a pied, pendant que moi continuai en voiture.
N'est-ce pas monstrueux !
Mais ma rage n'etait pas passee et je me mis a lire jusqu'a trois heures du matin, m'endormis a quatre heures et me reveillai le lendemain a quatre heures de l'apres-midi.