Deník Marie Bashkirtseff

Je voudrais attribuer une légère fièvre causée par le vent d'hier (sur la Seine) à des causes morales... Je travaille à la maison, sculpture. Ma pauvre enfant tout te pousse aux pieds de l'Art, ne méconnais pas ces divers indices, vas-y. La gloire seule donne ce que tu veux et on dit que tu peux l'atteindre. N'éparpille pas tes esprits, ne te dépense pas en Jules chimériques que tu n'aimes pas le moins du monde. Depuis ton malheur tu ne peux trouver grâce qu'en devenant illustre. Eh bien au lieu de... Mais est-on maître de ses pensées ? Il faut l'être... à peu près. Enfin je veux bien mais je suis triste, je l'étais déjà avant le passage de ce petit artiste qui n'est pas venu nous voir. Que penserai-[je] de tout cela en me relisant dans dix ans ? Et que serai-je ? Et où serai-je alors ? Mon Dieu, je voudrais implorer Votre protection, mais qu'ai-je fait pour la mériter ? Si l'humilité la plus absolue, la plus sincère pouvait plaider en ma faveur,... auprès de Vous Mon Dieu... peut-être... Mais non puisque j'escompte déjà ce que mes pensées prosternées peuvent me rapporter..