Lundi 22 octobre 1883
J'en ai pour quatre ou cinq ans à vivre. Ça m'ennuie parce que quand je serai morte il y aura des gens qui diront que, surtout ce Cassagnac qui croit déjà que je ne me marie pas parce qu'il m'a laissé une profonde impression. Et la Mme Presseq !... Ce Cassagnac dont je me soucie comme d'une paire de gants de l'année dernière. Si c'était vrai et si j'étais "atteinte par l'amour" et si j'en mourais je le lui ferais savoir mais puisque ce n'est pas et qu'on peut le penser, c'est enrageant.
C'est vrai que je m'en fiche comme de l'an 1851 de Cassagnac. bon débarras !
Je voudrais bien que ma phtisie fut imaginaire.
Il paraît qu'à une certaine époque il a été de mode d'être poitrinaire, et chacun s'efforçait de le paraître et croyait de l'être. Ah ! Si ce pouvait être l'imagination seule !
Je veux vivre moi, quand même et malgré tout, je n'ai pas de chagrins d'amour; je n'ai ni manies, ni sensibleries, ni rien... Je voudrais être célébré et jouir de ce qu'il y a de bon sur la terre... C'est si simple...
Mardi 23 octobre 1883