Deník Marie Bashkirtseff

La lecture des journaux remplis de Gambetta me serre la tete comme dans un cercle de fer, les tirades patriotiques, les mots sonores, patriote, grand citoyen, un deuil national... Je ne peux pas travailler, j'ai essaye, j'ai voulu m'y forcer et c'est meme ce faux sang-froid de la premiere heure qui m'a fait commettre l'irreparable et [Mots noircis: jamais] regrettable betise d'etre restee a Paris au lieu de courir a Ville d'Avray la nouvelle sitot recue et voir la chambre et faire meme un croquis... Je ne [Raye: toujours] serai jamais opportuniste...
Enfin... Vous voyez d'apres les journaux que Bastien n'a pas quitte un instant a Ville d'Avray et au Palais-Bourbon. Nous allons a l'Opera ce soir, loge Casa-Riera, comme d'habitude. Les Gavini, Gery, Nervo, Lahirle, le marquis et la marquise de Villeneuve, la marquise est la fille du prince Pierre Bonaparte et mariee a son petit marquis de mari grace au million donne par le prince Roland son frere marie et veuf de Mlle Blanc, de Monaco. La. Je suis couverte de roses et de vapeurs blanches, une natte autour de la tete; cette couronne de cheveux a quelque chose de ravissant. Le marquis de Casa-Riera est la aussi. C'est [le] neveu du vieux mort dont il a herite les soixantes millions. Il a cinquante ans et celibataire.