Deník Marie Bashkirtseff

Je me suis promenée toute la journée, nous avons fait quelques visites, à Adeline, aux Goldsmid. Puis au Bois.
Et le soir j'ai fait du modelage, j’en ferai à peu près tous les soirs de sept heures à huit heures et le mardi et le vendredi, jours où vient Lefèbvre, nous travaillons de sept heures à dix heures ou de six heures et demie à huit heures. Il travaillera à côté de moi pour que je vois, mais ne touchera pas à mon ouvrage. J’ai ébauché un ensemble ce soir, presque en ronde- bosse, c’est-à-dire tout à fait, c’est seulement appuyé à une planche pour éviter de mettre une carcasse en fer. C'est Lorenzo Sporagna qui pose. On reste tout le temps debout, on marche car il faut voir le modèle de tous les côtés. C'est parfait pour moi qui n'aurais jamais eu le temps de marcher sans cela. Et puis comme Soutzo me manquait un peu le soir, cela fera qu'il ne me manquera plus.
Pourquoi n’écrit-il pas ? J'ignore absolument ce qu’il est devenu. J'étais jolie le dernier soir, samedi et il me regardait avec des yeux attendris en se mettant derrière ma tante. Ces pauvres yeux souriant de me voir et tristes de partir. Mais pourquoi pas de lettre. C'est peut-être un hypocrite et un être ignoble.