Deník Marie Bashkirtseff

Nous faisons des visites et puis au Concours hyppique. J’envoie à l’atelier une caisse d’oranges vidées et remplies de papiers. J’envoie dire à Tony que Julian l’attend à quatre heures au Café Véron. J’envoie dire à Amélie que son chien est perdu et j’écris à la Mouzay qu’il nous est arrivé un très grand ennui et qu’elle vienne de suite. Quant à Berthe je l’ai invitée à l’Odéon voir “les Noces d’Attila”, le nouveau drame de M. de Barnier. Elle était prête lorsque je lui fais dire que c’est un poisson d’avril.
La Mouzay malade s’est levée pour venir, accompagnée de sa fille, grande inquiétude.
Qui y a-t-il mon Dieu ? dit-elle à ma tante qui ne savait rien.
Mais rien, répond celle-ci.
Comment rien !
Là-dessus une petite scène mais ça m’amuse et nous allons voir les Etrangleurs de Paris mais je dors presque tout le temps car je dois vous dire que depuis plus de quinze jours déjà j’ai de tels bourdonements dans les oreilles que je suis assez sourde pour perdre presque tout ce que disent les acteurs, de ma loge de face.