Deník Marie Bashkirtseff

Varpahovsky a encore dejeune chez nous. Je suis assez de mauvaise humeur, je me promene avec mes Graces. Marie rentre et Giro vient chez moi, et nous nous amusons a cuire des oranges dans la cheminee, et cela nous fait eclater de rire a chaque instant. Au surplus les fenetres eclairees de Leon nous donnent une idee, et nous jurons en mettant la main sous la cuisse, comme Abraham, d'executer cette idee. C'est d'aller la nuit, a quatre heures, quand les mechants sont deja couches et les bons ne sont pas encore eveilles, et planter sur la grille du chateau une immense "Tu pourriras", attache a un baton comme les annonces.
Nous nous figurons le reveil du pere et du fils et de tout leur mauvais esprit, et l'effet que leur produira ce drapeau nouveau. Bigre ! que c'est ennuyeux d'oublier, j'allais citer un fait d'histoire, un certain, j'oublie, qui alla planter je ne sais quoi pres du temple de Minerve avec une certaine inscription. Il faudra chercher cela dans le livre. C'est absurde d'oublier.
Dina m'a fait la bonne aventure, et elle m'a predit de telles choses que je me couche toute decollee et comme salie par cette prediction.
Imaginez-vous, un enlevement et tout ce qui s'en suit !
J'ai laisse dans ma chambre une douzaine d'oranges en cas de combat nocturne, de plus j'avais les pincettes, la pelle, les chenets, deux chandeliers et diverses autres choses.