Deník Marie Bashkirtseff

On commence à voir quelques nouvelles personnes et bien qu'il ne pleuve pas, le commencement de la saison commence.
Je suis sortie avec Paul à pied, (robe grise, coiffure d'hier, bien, bottines du nouvel envoi de Ferry, pieds petits, on les a remarqués). J'ai vu à droite sur un banc et me tournant le dos la rousse Ecossaise Menzies que je connus à Ostende par Florence Foster. Je la passai, mais puis-je passer inaperçue ? Dans une seconde j'entendis quelqu'un courir derrière moi, c'était elle. Accostée ainsi je fus très aimable, nous allâmes jusqu'au jardin public puis nous remontâmes chez nous et visitâmes le jardin.
Nina (Mme Sapogenikoff) Et Pâris (Yourkoff) surnommé ainsi par les enfants de Nina qui le nommèrent Pâris et un monsieur et Mme Laloff, à Genève, Ménélas et Hélène, en dévoilant un caractère soit-disant volage. Nina raconte elle-même tout.
Nina et Pâris, disais-je depuis une heure sont ici et coucheront ici, on dirait ensemble, mais... Ange prend le thé et joue à quatre mains avec Dina.
Papa grogne quand je lui fis tout bas une observation extra nécessaire, car il disait qu'on joue mal, et quand Pâris chanta, il dit que sans voix le chant ne vaut rien etc. il m'envoya tout haut au diable. Je ne sais si jamais cet homme avait de l'esprit maintenant il est hébété, raconte avec des détails superflus jusqu'au ridicule, croyant conter comme Tourguenieff, et ne trouve à dire que des obscénités impossibles qui me font rougir devant les domestiques.
J'entends cela depuis que je suis née, je n'ai jamais vécu autrement et plus je vais loin, plus je m'indigne de ces inconvenantes turpitudes dites à chaque instant et sans regarder que je suis là, devant les domestiques et les personnes qui viennent nous voir. Cette absence complète de compréhension, je ne parle plus de délicatesse, m'étonne toujours davantage. Mais je m'étonne le plus de ce que je m'étonne encore. La Rochefoucauld a dit à peu près la même chose.