Samedi, 19 septembre 1874
Le diacre s'est invité à déjeuner chez nous, à deux heures nous sommes débarrassées de lui, et à trois heures partons à pied.
Je suis dans de grandes inquiétudes sur mes habits, j'ai plusieurs chapeaux, pas un d'entre eux ne me plaît, j'ai une robe qui me serre la poitrine. C'est si difficile de bien s'habiller à mon âge.
Laferriere me fait un costume de drap blanc et une jaquette noire. J'ai acheté encore un chapeau, je ne sais ce qui en deviendra. Nous avons vu les Durand en landau, j'avais à peine fini de répondre à leurs saluts et à leurs sourires que Lewin passe près de nous et ôte son chapeau, toutes les méchantes choses sur leur compte étaient inventées puisqu'il est ici avec eux. J'ai fait un tour dans la rue de la Paix et j'ai acheté plusieurs choses. On ne me refuse rien, je suis si malade !
Après dîner Dina entraîne ma tante à aller rôder dans les rues, et je reste trouvant ces promenades inconvenantes et inutiles. Elles rentrent et nous parlons des meubles. Je suis impatiente d'être à Nice, le jardin est encore en ruines, j'y dois aller et par ma présence faire des merveilles. Vraiment il me semble que sans moi rien ne se fait, tout languit. Et en effet on m'attend pour le jardin.
Ayant acheté le cheval, je m'en retourne au plus vite et me plonge dans les études et les arrangements de notre maison. Il faut quelqu'un qui parle nettement, durement même, qui nomme les choses par leurs noms et qui fasse avancer les travaux et qui dise le dernier mot sur toutes choses et qui décide, ce quelqu'un ce sera moi, avec la permission de Dieu.