Mercredi 30 mai 1883 Ce soir grande fete de charite a l'hotel du duc de Bisacio... Fete japonaise au profit de je ne sais quoi. Vingt cinq francs d'entree, et tout Paris. Le Trocadero serait plus commode mais la majorite est venue a cause de l'hotel de Bisacio. Le monde est bete, mais il est comme ca. J'y vais avec la mere Gavini qui me parait tres commune ce soir et je m'ennuie tout le temps ayant eu la veine de donner le bras a un petit monsieur quelconque qui s'appelle je ne sais au juste, un ami des Gavini. Comme il ne s'agissait que de se promener impossible de changer de bras et je rencontre un tas de connaissances qui me felicitent sur la mention. La fete consiste a avoir demeuble tout l'hotel, et arrange deux ou trois salons au premier etage, en japonaiseries, douze dames patronnesses en costumes japonais devaient servir le the. Je crois que personne n'en a pris, on s'est contente de s'ecraser partout. Ces dames etaient tres mal costumees, des etoffes bon marche arrangees tres mal, des corsages a la mode de Paris avec des manches japonaises, ces concessions et ce melange ont produit un resultat ridicule. Aucune n'a ose mettre la vraie robe japonaise ample, gracieuse, riche. On a voulu conserver sa taille et ca a ete affreux. Les hommes sont un peu mieux. Puis il y a aussi des pieces japonaises jouees par Granier, Coquelin, Reichemberg etc. Mais il n'y a que mille personnes qui peuvent se placer dans la salle de spectacle et du reste on crie et cause si fort que l'on se plaint de ne rien entendre. Nous n'y entrons seulement pas. Ce qui est beau c'est la serre telle quelle et le jardin illumine. En somme la recette est superbe, et c'est ce qu'il fallait, donc c'est parfait.