J'ai ébauché le portrait de la femme de chambre de la maison Antoinette. Elle a une figure charmante et des yeux bleus, grands et brillants d'une naïveté et d'une douceur exquises. Voilà ce que c'est, l'ébauche réussit toujours, mais pour savoir finir il faut avoir étudié.
Hall a dîné avec moi et nous ne nous sommes quittées qu'à onze heures. Elle n'a bu que de la limonade; nous n'avons parlé que de Florence et de Larderei. Aussi une intimité charmante. Elle m'a raconté sa première passion, elle avait quatorze ans, il lui a écrit qu'il en épousait une autre et elle s'est empoisonnée avec du laudanum.
Elle aime tant l'Italie.
Avant tout il faut de l'argent ! Beaucoup d'argent. Un riche mariage enfin. Il n'y a rien de bon comme cela. On est libre, on est honorée, on fait ce qu'on veut, on a ce qu'on veut. Et l'amour... ma foi, se trouve bien tout seul et puis... et si la seule personne qu'on aimera n'aimera pas ? Eh bien alors on nourrira son amour-propre de ceux qui aiment et dont on ne veut pas, et on se permettra de s'humilier devant Lui, d'en être repoussée, méprisée, haïe, on pleurera et à force d'amour, de dévotion... qui sait ?
Si j'avais seulement cinq cent-mille francs de rente...